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Le programme Immigration des Suds en France (XIXe-XXe siècle) a commencé en 2000 et se décline autour de la recherche iconographique, historique ainsi que de la recherche des sources et archives ayant trait à l’immigration des outre-mers et à l’influence coloniale en région.
L’axe majeur de ce programme est de comprendre les prolongements, les liens, mais aussi les contradictions entre histoire/mémoire coloniale et histoire/mémoire de l’immigration. Ce travail a permis de mettre en exergue les ressorts d’une histoire qui a du mal à se fixer dans la mémoire collective en travaillant justement sur les images qui constituent les traces de cette mémoire.
La première partie du programme s’est focalisée autour du regard porté sur les immigrations coloniales (et périphériques) dans la capitale à travers les imaginaires produits. En même temps, sous la forme d’une réflexion sur la notion de « lieux de mémoire iconiques » et sur la façon dont se structuraient les mécanismes de la mémoire. Cette recherche s’est effectuée en trois temps, avec un premier travail sur les immigrations africaines, haïtiennes, réunionnaises, antillaises et afro-américaines depuis 1850 (Le Paris noir en 2001) ; puis les immigrations maghrébines, orientales et égyptiennes à Paris depuis 1789 (Le Paris arabe en 2003) ; et enfin les immigrations asiatiques venues d’Indochine (Vietnam, Laos, Cambodge), de Chine, de Corée, du Japon, de Birmanie, d’Indonésie, de Thaïlande, du Tibet à Paris depuis 1854 (Le Paris Asie en 2004).
Notre cheminement, au-delà de cette trilogie sur Paris, a été d’ouvrir le spectre d’analyse à une quinzaine de capitales régionales françaises sur cette question : Marseille, Lyon, Clermont-Ferrand, Strasbourg, Nancy, La Rochelle, Lille, Saint-Étienne, Grenoble, Toulouse, Montpellier, Bordeaux, Rennes, Nantes, Le Havre. Avec pour objectif, non de proposer une histoire « nationale » de ces flux migratoires, mais bien des histoires locales qui, au final, forment un « tout national ». C’est inverser les perspectives habituelles, pour mieux appréhender ce qui constitue une « culture de la mémoire » sur le temps long, en tenant compte des contextes, parcours, conditions locales de ce passé.
La deuxième partie du programme s’est donc intéressée à la présence des outre-mers dans le Sud de la France avec la publication des ouvrages Marseille, Porte sud (2005) et Sud-Ouest, Porte des outre-mers (2006).
Le troisième volet du programme a abordé, quant à lui, l’influence coloniale et la présence des outre-mers en Rhône-Alpes et en Auvergne (Lyon, Capitale des outre-mers en 2007), puis dans le Nord et dans l’Est de la France (Frontière d'Empire, du Nord à l'Est : soldats coloniaux et immigration des Suds, paru en 2008), et s’est achevé avec le Grand-Ouest (Grand-Ouest, mémoire des Outre-Mers, en novembre 2008) avec les régions de Bretagne, du Centre, de Normandie, des Pays de la Loire et du Poitou-Charentes.
Depuis novembre 2009 est proposé le coffret Un siècle d'immigration des Suds en France rassemblant les 8 ouvrages, un ensemble unique en termes de fond et de forme. En effet, plus de 150 chercheurs ont participé à leur élaboration, en relation avec 75 partenaires institutionnels ou associatifs pour un récit concernant vingt régions de l'Hexagone. De plus, 4.500 documents iconographiques inédits sont reproduits, allant de la photographie à l'affiche, de la carte postale à l'extrait de film. Véritable panorama de l'histoire de l'immigration, ces huit beaux livres ont une triple vocation : valoriser les territoires d'immigration français ; informer sur la façon dont ces territoires ont accueilli et regardé ces immigrations ; lier les mémoires entre les générations. L'histoire de l'immigration mérite de faire partie de notre mémoire collective et c'est finalement à travers le passé, les récits et les imaginaires qu'elle peut se construire et être transmise aux générations futures. Un site spécifique est dédié au coffret : www.coffret-immigration.com.
Le programme France noire a été inauguré en novembre 2011 avec la parution du beau livre La France noire. Trois siècles de présences des Afriques, des Caraïbes, de l’Océan Indien et d’Océanie (La Découverte) sous la direction de Pascal Blanchard, en collaboration avec Sylvie Chalaye, Eric Deroo, Dominic Thomas et Mahamet Timera, préfacé par Alain Mabanckou. Véritable anthologie de l’histoire des Noirs de France depuis150 ans, cet ouvrage est richement illustré par 750 documents pour la plupart inédits. Ce livre évènement s’accompagne d’une exposition itinérante L’histoire des Afro-Antillais en France présentée en quinze panneaux chronologiques. Enfin, une série de trois documentaires (Le temps des pionniers (1889-1939 / volet 1) ; Le temps des migrations (1940-1974 / volet 2) ; Le temps des passions (1975-2011 / volet 3)) complète ce programme. Intitulée Noirs de France, produite par La Compagnie des Phares et Balises, coécrite par Pascal Blanchard et Juan Gélas et réalisée par Juan Gélas, cette trilogie documentaire a été réalisée à partir de plus de 400 heures d’archives souvent inédites et d’une quarantaine d’interviews de personnalités illustres ou inconnues. Ce programme a entamé un véritable « tour de France » en étant présenté à Paris, Metz, Toulouse, Bordeaux avant de partir pour Lyon, Saint-Etienne, Montpellier, Nantes, Marseille, Lille, Le Havre… mais également en Afrique, aux Antilles, en Guyane et à la Réunion. En outre, chaque étape est accompagnée d’un cycle de débats, tables-rondes et projections
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