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Le programme Idéologie coloniale et héritages post-coloniaux a débuté en 1997 autour de l’histoire de l’Afrique, avec comme préoccupation de déconstruire les conceptions héritées du colonialisme et de se démarquer du regard de l’Occident sur le continent noir.
Cette approche s’est effectuée à travers plusieurs publications, L’Afrique, un continent des nations, édité chez Milan (1997), le numéro 16 de la revue Passerelles, intitulé « Afriques » (printemps 1998), qui restitue à ce continent sa singularité et sa diversité, ou encore avec la contribution du Groupe de recherche Achac, « L’Afrique noire inventée », au numéro 367 d’Historiens et Géographes, Afrique Subsaharienne, en septembre 1999.
Le travail de recherche du Groupe de recherche Achac sur l’idéologie coloniale s’est développé à travers de nombreux articles et prises de position au sein de la société dont, pour ne citer que ces exemples, « Un musée pour la France coloniale », in Libération, juin 2000 ; « Le colonialisme, un "anneau" dans le nez de la République », Le Monde diplomatique, n°562 ; « les impasses du débat sur la torture en Algérie. Une histoire coloniale refoulée », Le Monde diplomatique, n°567 (juin 2001) ; « Les pièges de la mémoire coloniale », in Les Cahiers français/La Documentation française (juillet 2001) ou encore la coordination du numéro 58 de Manière de voir, Polémique sur l’histoire coloniale, en juillet 2001.
Ces débats ont débouché sur la publication d’importants ouvrages comme La République coloniale (Albin Michel), qui ouvre des pistes de réflexions neuves pour comprendre pourquoi la colonisation a été en grande partie un engagement républicain et en quoi elle a renforcé la République elle-même. De l’Indochine à l’Algérie (La Découverte, 2003) raconte le rôle souterrain des mouvements de jeunesse dans le processus d’occidentalisation des pays coloniaux au moment même où ceux-ci se distanciaient par la force de l’hégémonie politique de la métropole. La Fracture coloniale (La Découverte, 2005) prolonge l’étude de l’idéologie coloniale en se concentrant sur les héritages qu’a laissé la colonisation dans les esprits français et s’interroge sur la situation de la France qui reste hantée par son passé colonial.
De ce livre, plusieurs débats et conférences ont émergé dans le débat public comme le colloque du même nom, à l’Assemblée nationale, en septembre 2005 ou encore l’article de Sandrine Lemaire dans Le Monde diplomatique en janvier 2006 intitulé « Une loi qui vient de loin », sur la loi du 23 février 2005 et son article 4.
Toujours dans le cadre de ce programme, l’ouvrage La Colonisation française, paru dans la collection Les Essentiels (Milan, 2007), apporte des éléments de compréhension à ces quatre siècles d’histoire et donne une vision d’ensemble à ce processus majeur qui a touché tous les continents, au moment où le passé colonial fait son retour en France.
En 2008-2009, trois ouvrages viennent poursuivre les travaux du Groupe de recherche Achac sur l’idéologie coloniale et ses héritages dans la société contemporaine : La Fracture post-coloniale (éditions La Découverte) sous la direction de Nicolas Bancel, Florence Bernault, Pascal Blanchard, Achille Mbembe et Françoise Vergès ; Les Guerres de mémoire dans le monde, dans le cadre de la revue Hermès, sous la direction de Pascal Blanchard, Marc Ferro et Isabelle Veyrat-Masson ; ainsi que Les Guerres de mémoires : la France et son histoire (éditions La Découverte), sous la direction de Pascal Blanchard et Isabelle Veyrat-Masson.
En 2010, est paru aux éditions La Découverte l’ouvrage collectif Ruptures postcoloniales. Les nouveaux visages de la société française, sous la direction de Nicolas Bancel, Florence Bernault, Pascal Blanchard, Ahmed Boubeker, Achille Mbembe et Françoise Vergès.
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