Beauté Kongo - 1926-2015 - Congo Kitoko Fondation Cartier du 11 juillet 2015 au 10 janvier 2016

Avec l’exposition Beauté Congo – 1926-2015 – Congo Kitoko, la Fondation Cartier présente toute la vitalité et la richesse de la scène artistique congolaise. Mêlant peinture, photographie, sculpture, vidéo, bande dessinée et musique, l’événement rend compte de l’extraordinaire foisonnement d’une scène artistique enfin mise en avant. Une tribune et un regard d'Emmanuelle Collignon, Vice-présidente du Groupe de recherche Achac.

Depuis cet été, le public est venu nombreux admirer l’exposition Beauté Congo – 1926-2015 – Congo Kitoko. Ce succès a poussé la Fondation Cartier à prolonger l’évènement jusqu’au 10 janvier 2016. C’est un véritable panorama de la production artistique congolaise depuis près d’un siècle qu’a souhaité réaliser le commissaire d’exposition André Magnin, spécialiste d’art contemporain africain et marchand d’art. Il a voulu rendre compte de la richesse d’une scène artistique, la rendre visible, souhaitant plus largement « que les gens finissent pas retenir des noms d’artistes qui devraient être aussi célèbres que les artistes occidentaux ».

À travers un parcours où dialoguent peintures, maquettes, collages, photographies, films, bandes dessinées et musique, c’est l’incroyable richesse de l’activité artistique du pays qui se dévoile. Car depuis les années 1920 et la naissance de la peinture moderne au Congo - alors colonie belge - la scène artistique congolaise n’a cessé de produire, de se réinventer, ni de rendre compte de l’exubérance et de la fureur de vivre qui nourrissent les folles nuit de la capitale, Kinshasa. Au total, ce sont trois cent cinquante œuvres d’art qui viennent illustrer un siècle de créations. Pour souligner l’omniprésence de la musique dans les rues de Kinshasa, des « parasols » sont installées tout au long du parcours, au-dessous desquels on peut écouter de la rumba, du jazz, de la soul ou du rap et se plonger ainsi dans l’ambiance sonore de la société congolaise.

L’exposition déroule ainsi l’histoire de la production artistique moderne au Congo, des peintures abstraites de Djilatendo et des animaux stylisés d’Antoinette et Albert Lubaki dans les années 1920, aux créations contemporaines du collectif Eza Possibles, de Jean-Paul Nsimba Mika ou de Monsengo Shula. Le parcours s’attarde sur l'Atelier du Hangar dans les années 1940 et sur les artistes qui en furent issus, tels Bela Sara, Mwenze Kibwanga ou Pili Pili Mulongoy, dont les œuvres rencontrèrent le succès critique et furent exposés au prestigieux Museum of Modern Art de New York. La part belle est également faite aux peintres dits « populaires », Chéri Samba, Chéri Chérin ou Moke, qui exposent leurs œuvres en pleine rue à partir des années 1970. Tous viennent témoigner des changements qui s’opèrent à Kinshasa, une capitale en pleine effervescence, en s’emparant des questions sociales et politiques.

C’est bien la vitalité et la qualité de la production artistique congolaise que l’exposition Beauté Congo – 1926-2015 – Congo Kitoko  cherche à retranscrire, s’inscrivant ainsi dans une perspective plus large. Après Bodys Isek Kingelez en 1999, Un art populaire en 2001, J’aime Chéri Samba en 2004 et Show and Tell en 2012, la Fondation Cartier s’attache, avec cette nouvelle exposition, à rendre visible les scènes artistiques africaines.