Bibliographie

Benot Yves  Massacres coloniaux. 1944-1950 la IVe République et la mise au pas des colonies françaises, Découverte/Poche, 2001.

Aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, de Sétif (mai-juin 1945) à Madagascar (1947), d’Haiphong (1946) à la Côte-d’Ivoire (1949-1950) et à Casablanca (1947), l’armée française a massacré des dizaines de milliers d’hommes et de femmes dont le seul tort était de revendiquer pour plus de libertés ou pour l’indépendance. Ce sont ces pages sanglantes de l’histoire de France, méconnues, voire effacées, qu’Yves Benot retrace dans ce livre.

Branche Raphaëlle, La torture de l’armée pendant la guerre d’Algérie (1954-1962), Paris, Gallimard, 2001.

La torture pratiquée par l’armée française pendant la guerre d’Algérie a marqué durablement la mémoire nationale, au point de ne cesser de revenir dans l’actualité, souvent pour y nourrir des affrontements ou des scandales. Loin des polémiques, le livre de Raphaëlle Branche éclaire comme jamais auparavant les mécanismes de la torture, qui trouvent leur origine dans le racisme colonial et les méthodes héritées de la guerre d’Indochine.

Bessis Sophie, L’Occident et les Autres. Histoire d’une suprématie, La Découverte, 2001.

L’Occident gouverne le monde depuis si longtemps que la suprématie qu’il exerce sur lui paraît, à ses yeux, naturelle. Elle est à ce point constitutif de l’identité collective qu’on peut parler, à son propos, d’une véritable culture, sur laquelle les Occidentaux continuent de construire leurs rapports avec l’Autre. Rien ne semble pouvoir ébranler la conviction qu’ils ont de leur supériorité – le questionnement de cette dernière faisant, à proprement parler, partie du domaine de l’impensable. C’est ce noyau obscur de la culture occidentale que Sophie Bessis explore dans ce livre.

Brocheux Pierre, Hemery Daniel, Indochine, la colonisation ambiguë, 1858-1954, Paris, La Découverte, 1995 (nouv. éd. Rév.2001).

Composante fondamentale du système colonial français, l’Indochine a été la matrice du Vietnam, du Cambodge et du Laos contemporains. C’est l’un des lieux où, après 1945, s’est déterminée la décolonisation, avant qu’il ne devienne l’objet du principal conflit militaire de la guerre froide et de l’opposition entre le tiers-monde et l’Occident. A partir des archives, des ouvrages et des travaux anciens ou récents, ce livre rend compte des ambiguïtés du conflit et du contact entre colonisateurs et colonisés.

Daeninckx Didier, Cannibale, Gallimard, 1999.

Paris 1931, l’Exposition Coloniale. Quelques jours avant l’inauguration officielle, empoisonnés ou victimes d’une nourriture inadaptée, tous les crocodiles du marigot meurent d’un coup. Une solution est négociée par les organisateurs afin de remédier à la catastrophe. Le cirque Höffner de Francfort-sur-le-Main, qui souhaite renouveler l’intérêt du public allemand, veut bien prêter les siens, mais en échange d’autant de Canaques. Qu’à cela ne tienne ! Les « cannibales » seront expédiés.  Inspiré par ce fait authentique, le récit déroule l’intrigue sur fond du Paris des années 30 –  ses mentalités, l’univers étrange de l’Exposition –  tout en mettant en perspective les révoltes qui devaient avoir lieu un demi-siècle plus tard en Nouvelle-Calédonie.

Ageron Charles-Robert, Vidrovitch-Coquery Catherine, Histoire de la France coloniale 1931 à nos jours, Éditions Pocket, 1999.

Bien que peu explorée, l’Histoire coloniale est l’un des aspects les plus singuliers de l’Histoire de France. Des premières découvertes faites au nom de la couronne au XVIe siècle à la prise armée du Tonkin, de la rivalité franco-britannique à l’élaboration par la IIIe République d’une doctrine coloniale où la France porteuse de l’héritage de 1789 doit éclairer les peuples primitifs, jusqu’aux guerres d’indépendance, le rapport de la France au fait colonial est complexe et varié. Cet ouvrage propose d’en étudier les multiples facettes et d’apporter des réponses aux questions les plus difficiles.

« Imaginaire colonial, figures de l’immigré », Hommes et migrations, n°1207 mai-juin 1997.

Ce dossier, coordonné par le Groupe de recherche Achac, se penche sur les représentations issues de l’histoire coloniale pour tenter d’expliquer les représentations actuelles, les images véhiculées par les médias, l’enseignement, les associations, et les discours politiques et les montées de racisme et de stigmatisation des immigrés. En France, l’altérité est représentée par les populations de l’ex-empire colonial, qui a perverti les relations entre Africains et Français. C’est ce passé colonial qui donne la possibilité de comprendre la xénophobie, les cristallisations identitaires et la manipulation politique de l’immigration.

Lebovics Herman, La vraie France : les enjeux de l’identité culturelle,1900-1945, Paris, Belin, 1995.

Herman Lebovics renouvelle les analyses politiques habituelles sur « l’identité de la France » en montrant le rôle qu’ont joué les intellectuels dans la première moitié du siècle et en parcourant la politique culturelle de la Troisième République et du gouvernement de Vichy. Ce livre est paru aux Etats-Unis sous le titre True France, The Wars Over Cultural Identities, 1900-1945, Cornell University Pressen, 1992.

Blanchard Pascal, Bancel Nicolas, « Au secours, le colonialisme revient », in Libération, 1994.

Les événements de ces derniers mois, ont fait resurgir les vieux démons d’un discours qu’on pouvait croire enfoui. Revendiquer le « fardeau de l’homme blanc » et vanter l’« œuvre civilisatrice » de la France n’étaient jusqu’alors que gesticulations de groupes « réhabilitationistes » ou d’une extrême droite identique à elle-même trente-quatre ans après les indépendances. On doit aujourd’hui constater que ce discours se mue en message structuré touchant de plus vastes publics.

Noirel Gérard, Le Creuset français. Histoire de l’immigration,  XIXe-XXe siècles, Editions du Seuil, 1988.

L’immigration n’est pas un fait extérieur mais un problème interne à la société française contemporaine. Prendre au sérieux la diversité des origines de la population actuelle de la France, c’est adopter un autre point de vue sur son passé, c’est écrire autrement son histoire : quelle place faire à la question des  » origines « , au  » sentiment d’appartenance  » ? Quel rôle jouent le déracinement et les déracinés dans la constitution d’une société ? Quelles relations instaurer entre l’Etat et les individus ?

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