Bibliographie

Blanchard Pascal, « Musée des immigrations ou musée des colonies? », in L’Humanité, 2003.

La Bibliothèque nationale de France a accueilli ce week-end un colloque intitulé « Leur histoire est notre histoire ». Celui-ci est l’aboutissement des six mois de réflexion de la mission, dirigée par l’ancien ministre de la Culture et de la Francophonie, Jacques Toubon, pour la préfiguration d’un « centre de ressources et de mémoire de l’immigration ». Il était temps que, dans ce pays, un lieu soit consacré à l’histoire des immigrations qui retracerait le destin des millions d’individus, anonymes ou célèbres, ayant contribué « à construire la France ». Tout le monde est en accord sur ce point. L’intention de créer un tel centre, à même de promouvoir l’histoire de l’immigration, de lui rendre toute sa place à égalité de dignité avec les autres faits de l’histoire nationale, ne peut être qu’encouragée et soutenue avec fermeté, mais derrière il y a d’autres débats, d’autres enjeux…

Lien vers l’article : www.humanite.fr

« Afrique », Passerelles, n°16, numéro spécial de la revue coordonné par le Groupe de recherche Achac, 1996.

Penser les Afriques est pour nous une tentative de les comprendre, d’abord dans leur diversité – un ensemble de civilisations, de peuples, de nations, de langues – mais aussi dans le rapport historique qui nous lie à ce continent. Ce double mouvement, dans l’espace et dans le temps, peut nous permettre de saisir ce double regard – le nôtre et celui des Africains – pour essayer de comprendre ensemble cet espace culturel en mouvement depuis les indépendances. Passerelles, en collaboration avec le Groupe de recherche Achac, a voulu esquisser cet « autre » regard sur les Afriques, à l’heure où les images données de ce continent ne se conjuguent qu’avec les guerres, les douleurs et la misère, au moment où sur notre sol les enfants des colonisés d’hier revendiquent une part légitime de la citoyenneté gagnée par leurs ancêtres, dans nos tranchées.

Bancel Nicolas, « Les médias français face au Rwanda. De l’intervention française de 1990 au génocide », Africultures, n°30, 2000.

La couverture médiatique française des événements du Rwanda reflète les poncifs, clichés et préjugés qui entourent l’Afrique. Il ne s’agit pas de jeter systématiquement l’opprobre sur les journalistes mais de voir à quel point une déconstruction de ces représentations imaginaires aiderait à éviter des erreurs de contenu aux conséquences ravageuses dans le public comme chez les décideurs politiques. Cet article qui suit met en lumière la relation entre les représentations et les choix opérés par les journalistes dans leur présentation de la réalité.

Bancel Nicolas, Devisse Jean, « Mouvements de jeunesse et mouvements étudiants noirs », 1945-1960, Histoire générale de l’Afrique, UNESCO, 1995.

Au lendemain de la seconde Guerre mondiale, il y a eu une transformation radicale des mouvements des étudiants africains : que ce soit au niveau numérique, territorial ou typologique, et idéologique. De nombreuses associations d’étudiants d’Afrique ont vu le jour, en Afrique, puis en Europe.

Bancel Nicolas, Lehl Corinne, « Partir sans frontières : l’humanitaire aujourd’hui », Agora, n° 11, 1998.

L’humanitaire occupe aujourd’hui une place significative, dans le jeu des rapports de forces internationaux comme dans notre imaginaire socio-politique. Ces deux aspects de la question sont aujourd’hui bien analysés. Mais rares sont les analyses tendant à éclairer l’importance sociologique du phénomène en Occident, c’est surprenant car il apparaît que les effectifs, les moyens logistiques et médiatiques comme les capacités d’intervention des associations et ONG humanitaires sont en croissance constante depuis plus de 25 ans.

Bancel Nicolas et Blanchard Pascal, « Comment en finir avec la fracture coloniale », Le Monde, 2005.

Avec ses raccourcis, ses excès et ses erreurs historiques, l’« appel des indigènes de la République » a le grand mérite de rappeler, fût-ce sur un mode provocateur, que la « culture coloniale » est toujours à l’œuvre en France aujourd’hui. Une évidence que beaucoup se refusent à reconnaître. En témoignent les réactions : silence gêné ou diabolisation de ses auteurs (qualifiés d’« islamo-gauchistes » ou de « fossoyeurs de la République »), voire amalgame choquant avec les sorties antisémites d’un Dieudonné.

Lien : www.lemonde.fr

Bancel Nicolas et Blanchard Pascal, « Incompatibilité : la CNHI dans le sanctuaire du colonialisme français », Hommes et Migrations, La CNHI, Une collection en devenir (n°1267), 2007.

« Farouchement partisans » de la création d’un musée de l’histoire de l’immigration en France, Nicolas Bancel et Pascal Blanchard exposent ici les motifs qui les opposent à sa localisation au sein du palais de la Porte Dorée (ex. Musée des colonies). Ils montrent comment l’ouverture de la CNHI/Musée national de l’immigration s’inscrirait dans un contexte général d’élaboration d’une « politique de la mémoire » qui ferait passer à la trappe la dimension coloniale ou qui, à tout le moins, en édulcorerait la portée, pour inventer un mythe parfait de l’intégration.

Lien vers l’article et PDF : www.hommes-et-migrations.fr

Bancel Nicolas et Blanchard Pascal, « La fondation du républicanisme colonial. Retour sur une généalogie politique », Mouvements, n°38, 2005.

La colonisation est-elle consubstantielle de la République ou la partie visible d’une utopie universelle qui, dès lors qu’elle est confrontée au colonial, perdrait de sa « pureté » plus l’on s’éloignerait du centre (la métropole) et plus la couleur des populations placées théoriquement sous sa tutelle s’assombrirait ? Questions complexes et sans doute impossibles à trancher clairement, questions qui ont le mérite, en tout cas, de poser nettement un problème qui a jusqu’alors été le plus souvent évité, parfois caricaturé, souvent minoré. Dans une brève contribution, il ne peut être question de prétendre proposer une synthèse, mais bien plutôt des pistes de réflexions en s’attachant spécifiquement à la période fondatrice du dernier tiers du XIXe siècle.

Bancel Nicolas et Blanchard Pascal, « Le colonialisme, un « anneau » dans le nez de la République », Hommes et Migration, n°1228, 2000.

Le colonialisme a partie liée avec l’idéologie de la IIIe République naissante : il permet de contrebalancer le « revanchisme » de droite et d’affermir la République encore fragile avec un projet porteur d’unité nationale. Associée au progrès, à l’égalité – certes différée en ce qui concerne les colonisés – et à la grandeur de la nation, la « mission civilisatrice de la France » a laissé des traces importantes dans les représentations politiques républicaines. Aussi la déconstruction de l’idéologie coloniale est-elle essentielle pour comprendre l’attitude de la société d’aujourd’hui à l’égard de l’immigration en provenance de pays anciennement colonisés.

Bancel Nicolas, Blanchard Pascal, Lemaire Sandrine, « 1931! Tous à l’expo », Le Monde Diplomatique, n°562, 2001.

Alors que le débat sur la torture durant la guerre d’Algérie s’amplifie, la mémoire collective de la France se confrontera-t-elle avec l’histoire coloniale ? Il y a soixante-dix ans, l’Exposition coloniale de 1931 fut un des grands moments fédérateurs et de communion des Français de ce siècle. Retour sur un événement oublié, sur une apothéose républicaine et coloniale.

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