Bibliographie

Blanchard Pascal, « Entre Apothéose et oubli », in Polémique sur l’histoire coloniale, Le Monde Diplomatique/ Manière de voir, n°58, 2001.

On a bien du mal à évoquer le vrai visage de la colonisation. Dès l’origine, celle-ci s’accompagne de boucheries que des esprits aussi « libéraux » qu’Alexis de Tocqueville ne manquent pas de justifier. De la traite des Noirs aux spectacles ordinaires des zoos humains, en passant par ce moment de consensus national que fut en France l’Exposition coloniale internationale de 1931, la colonisation a pourtant été une terrible blessure pour les peuples victimes, de même qu’elle a profondément marqué la vision des peuples dominants.

Lien:  www.monde-diplomatique.fr

Blanchard Pascal, « Instinct nègre ! », Black Logo 13, Africultures n°67, 2006.

Au moment où j’écrivais ces lignes, je tombe sur le net (sur le site Monde en question) sur une tribune signée Lou Quetiero en date du jeudi 20 avril 2006 et qui s’attache aux mêmes publicités sous un titre évocateur : « Printemps colonial ». Une autre preuve que ce rapport entre regard et publicité est devenu un mode de lecture normalisé des mutations du stéréotype dans nos sociétés et, surtout, que ces deux campagnes font sens. De façon surprenante, le printemps 2006 sera « nègre » ou ne sera pas.

Blanchard Pascal, « Non à la guerre des mémoires », Le Nouvel observateur, 2005

L’année 2005 marque un tournant dans l’histoire de notre pays. On a l’impression que la « cocotte-minute », trop longtemps verrouillée, est en passe de nous éclater au visage. La montée des revendications communautaires, la loi du 23 février 2005 enjoignant les professeurs d’histoire à donner une lecture « positive » de la colonisation, la crise des banlieues, l’utilisation de la loi de 1955 sur l’état d’urgence pour réprimer les violences des banlieues… sont autant de signes de cette explosion. Il faut revenir à l’histoire pour comprendre la société actuelle. Et édifier une véritable « mémoire collective », qui soit comprise et acceptée par tous.

Blanchard Pascal, « Notre Dame de la Garde… », Black Logo 12, Africultures n°65, 2005.

Il y a un peu moins d’un an, pour la préparation d’un ouvrage illustré sur un siècle d’histoire coloniale et des flux migratoires à Marseille et en région PACA, je découvre cette affiche dans les rues de la cité phocéenne. Elle est présente dans toute la ville, sur chaque réverbère municipal, à chaque carrefour, sur les murs et dans les arrêts de bus. Cette jeune femme noire, telle une Grace Jones méditerranéenne, annonce la prochaine foire marseillaise et marque le regard du passant que je suis. Cette affiche m’attire immédiatement.

Blanchard Pascal, « Un musée pour la France coloniale », Libération, 2004.

Quand acceptera-t-on dans ce pays que l’histoire coloniale fasse partie de l’histoire de France ? De toute évidence, le processus de décolonisation des mentalités n’a pas commencé au sein de notre société… Par chance, avec la création du musée des Arts premiers, le musée de la Porte-Dorée (le musée des Arts africains et océaniens, le Maao) va se trouver sans mission « officielle » dans deux ans. Construit à l’occasion de la « non-Exposition coloniale » de 1931, le musée de la Porte-Dorée aurait pu être ce lieu par excellence de mémoire de l’histoire coloniale française… si celle-ci avait eu lieu, bien entendu !

Lien : ldh-toulon.net

Blanchard Pascal et Boëtsch Gilles, « Bêtes de scènes », Histoire et Patrimoine n°3, 2009.

Voilà deux mots qui sont a priori absolument contradictoires depuis toujours dans la pensée occidentale. « Zoo » renvoie explicitement au domaine de la zoologie, « humain » se définit justement par le rejet de l’animalité. Comment, alors, ont-ils pu se marier ? En se mettant en place à une époque où l’exhibition de l’exotique et de ses corps va répondre à la nécessaire édification de la civilisation occidentale industrielle. L’Autre est importé, exhibé, mesuré, disséqué, scénographié par un Occident en quête de certitudes sur son rôle de « guide du monde », de « civilisation supérieure ». Les zoos humains répondent donc, avant tout, à une demande.

Blanchard Pascal et Deroo Eric, « Ni victimes ni héros », Libération, 6 juillet 2006.

Cessons d’instrumentaliser les « soldats indigènes » pour servir notre vision de l’Histoire. Au service exigeant de la repentance et du devoir de mémoire, l’Histoire semble de plus en plus s’écrire sur les plateaux de télévision, à la barre des tribunaux et au Parlement. Ce faisant, elle obéit implacablement aux lois de la médiatisation de masse, celle qui exige de scénariser chaque cause pour la rendre plus populaire, plus universelle, plus assimilable, plus payante. Un manichéisme de feuilleton qui n’admet que des bourreaux et des victimes, des bons et des méchants. Une criminalisation et une victimisation à l’emporte-pièce, qui ne laissent aucune place à la complexité des fais et des acteurs pourtant souvent capable de rendre compte des comportements respectifs et de trouver claques éléments de réponse aux traumatismes générés.

Blanchard Pascal et Pierre-Obin Jean, « L’école dans la France d’aujourd’hui », Qu’est que la France?, Stock, 2007.

« Notre question n’est plus, comme au temps de Renan : « Qu’est-ce qu’une nation ? », mais : qu’est-ce que la France, et que doit-elle devenir, encore une nation ou une société résolument post-nationale ? ». À l’heure de la mondialisation, c’est-à-dire d’un immense bouleversement technique, économique et démographique, dans quelle communauté faut-il que les hommes vivent ? Dans une patrie charnelle ? Dans une France désencombrée de la francité ? Dans un espace polymorphe, sans identité assignable ? Convient-il, pour accueillir dignement l’Autre, d’évider ou de perpétuer le soi du chez-soi ?

Chatelier Armelle, Plein Sud (1), Études et recherches de l’Achac, Karthala, 1994.

Plein Sud est une revue créée par de jeunes chercheurs réunis au sein de l’Association pour la Connaissance de l’Afrique Contemporaine (Achac). Nous publions des travaux universitaires sur l’Afrique, d’Alger à Madagascar : l’Afrique c’est aussi pour nous le Maghreb. Cette continentalité permet de confronter plusieurs réalités de l’Afrique contemporaine. Nous entendons aborder son histoire à travers plusieurs disciplines. Notre objectif est de publier des articles de jeunes chercheurs qui seront autant de bases de discussion avec leurs homologues de tous les pays.

Chatelier Armelle, Plein Sud (3), Études et recherches de l’Achac, Karthala, avec le concours du Centre National des Lettres, 1994.

Le colloque Images et colonies fût un moment fort de la vie de l’Achac. Plein Sud sera donc consacré à celui-ci. Comme toujours dans ce genre d’événements, les débats ne sont pas limités à l’estrade des intervenants et, bien souvent, le colloque a provoqué, interrogé voire gêné. Nous espérons que vous ferez part de vos critiques, afin que cette rubrique devienne un lieu de discussion sur l’image coloniale.

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