Bibliographie

Césaire Aimé, Nègre je suis, nègre je resterai, Entretiens avec François Vergès, Albin Michel, 2005

Dans ces entretiens, Césaire évoque sa jeunesse, son arrivée à Paris, son entrée à l’École normale supérieure, sa rencontre avec Senghor, son engagement politique. À partir de 1945, date de son élection à la mairie de Fort-de-France puis à la députation, il mène une double carrière : homme politique et écrivain. Les questions du colonialisme, de la place des Antillais dans leur propre pays, de la culture africaine sont abordées avec humour et détachement ; c’est la voix d’un homme immense qu’il nous est donné d’entendre, dans sa force et sa modestie.

Deroo Éric, Le Pautremat Pascal, Héros de Tunisie : spahis et tirailleurs d’Ahmed Bey Ier à Lamine Bey (1837-1957), Cérès Éditions, 2005.

Héros de Tunisie retrace l’histoire, peu ou mal connue, de plus de 100,000 Tunisiens qui, de la campagne de Crimée à la guerre d’Indochine, vont contribuer vaillamment à écrire une page essentielle de l’histoire mondiale.

Sindjoun Luc, État, individus et réseaux dans les migrations africaines, Éditions Karthala, 2005.

Suivant le discours convenu en matière de migrations, la mise en mouvement des individus et des groupes d’origine africaine s’effectue du Nord vers le Sud. Cette cardinalisation des migrations occulte la prise en considération de l’Afrique comme un continent de mouvement ; la sédentarisation des personnes et des groupes, consécutive à la colonisation, et à l’apparition de l’État moderne en Afrique n’ont pas mis fin à la permanence des flux migratoires qui trahissent la densité et la complexité des relations entre l’État, les individus et les réseaux. C’est dans le cadre du triangle magique États – Individus – Réseaux qu’il faut comprendre les migrations africaines.

Negrit Frédéric, Musique et immigration dans la société antillaise, l’Harmattan, 2004.

L’évolution musicale dans l’arc caribéen renseigne sur la naissance de la biguine, de la mazurka créole ainsi que sur l’influence du compas-direct, musique d’origine haïtienne. Elle a de ce fait, contribué surtout à mieux expliciter les données relatives aux musiciens antillais dans leur environnement métropolitain. De même, la pratique dans l’hexagone du gwo-ka et du bel-air, représentant la base du patrimoine musical traditionnel respectivement de la Guadeloupe et de la Martinique, a nécessité une recherche sur la présentation, mais aussi sur l’implantation des chanteurs et des groupes.

Barsali Nora, Freland François-Xavier, Vincent Anne-Marie, Générations beurs : Français à part entière, Autrement, 2003.

Cet ouvrage a l’ambition de casser les idées reçues sur la communauté beur en montrant la diversité des points de vues sur un événement social qui a marqué toute une communauté et la réussite de parcours qui aboutit aujourd’hui à l’émergence d’une classe moyenne beur. Cet ouvrage vise aussi à comprendre la persistance des clichés anti-beurs et les écueils à l’intégration de certains jeunes qui par réaction se sont éloignés des aspirations républicaines de leurs aînés, voire entretiennent un repli identitaire.

Blanchard Pascal, Deroo Éric, El Yazami Driss, Fournié Pierre, Manceron Gilles, Le Paris arabe : deux siècles de présence des Orientaux et des Maghrébins, La Découverte, 2003.

Paris, la « ville lumière », a de tout temps entretenu une relation unique avec les visiteurs et immigrants venus de tous les coins de la planète. Mais ceux venus d’Orient et du Maghreb occupent une place singulière : pour nombre d’entre eux, Paris fut, et reste, une des capitales du monde arabe. Depuis le début de la colonisation française au Maghreb, les traces de cette présence sont d’une incroyable variété : ce sont elles que donne à voir, en images, photos et textes. Ce livre exceptionnel restitue une mémoire oubliée où l’image joue un rôle central. Bien au-delà du phénomène des migrations ouvrières et des conflits qui ont conduit aux indépendances des pays du Maghreb, il fait apparaître la diversité des innombrables influences et échanges qui ont marqué le « Paris arabe » : esthétiques, musicaux, architecturaux, vestimentaires, intellectuels, scientifiques

Le Pautremat Pascal, La politique musulmane de la France au XXe siècle : de l’Hexagone aux terres d’islam, espoirs, réussites, échecs, Maisonneuve et Larose, 2003.

Des pèlerinages jusqu’à la place des musulmans dans l’armée et la société françaises, de la politique d’éducation à l’évolution des droits, de l’essor des nationalismes aux conflits régionaux… autant de thèmes essentiels que cet ouvrage aborde avec le souci de mieux faire comprendre la politique musulmane de la France, tout au long du XXe siècle, sur fond de dualité et de paradoxes.

Poiret Christian, Familles Africaines en France. Ethnicisation, ségrégation et communalisation, l’Harmattan, 2002.

S’appuyant sur un ensemble d’études de cas précis cette étude apporte des réponses à des interrogations régulièrement exprimées par les élus, les enseignants, les professionnels de l’action sociale et du logement qui travaillent avec des publics originaires d’Afrique subsaharienne. Christian Poiret nous propose aussi un ensemble d’outils théoriques et conceptuels qui questionne l’évolution de la société française où la tendance à l’ethnicisation des rapports sociaux se renforce, masquant les rapports de sexes et les rapports de classes au profit d’une lecture de la réalité en termes ethniques.

Bancel Nicolas, Blanchard Pascal, Lemaire Sandrine, « Les impasses du débat sur la torture en Algérie. Une histoire coloniale refoulée », Le Monde Diplomatique, n°567, juin 2001.

Alors que depuis une vingtaine d’années le bilan de Vichy a suscité un salutaire débat et une révision profonde des connaissances sur l’époque, le colonialisme reste un impensé de l’histoire de la France. Cette amnésie explique l’impasse dans laquelle risque de se fourvoyer l’actuel débat sur la torture durant la guerre d’Algérie. Elle exprimait avant tout une réalité du rapport de l’Europe à l’Autre, ainsi que les contradictions insolubles de la France républicaine, porteuse d’un discours d’émancipation universelle mais pratiquant dans les faits une politique de discrimination.

Blanchard Pascal, Deroo Eric, Manceron Gilles, Le Paris noir, Hazan, 2001.

Cet ouvrage raconte en images l’histoire de la ville qui, plus qu’aucune autre, a su intégrer l’identité noire, en même temps que le siècle s’enfonçait dans le colonialisme et le racisme. Illustré de 350 documents souvent inédits, qui sont comme la trame de notre mémoire collective, il est une invitation à redécouvrir la diaspora la plus emblématique de la Ville lumière. Un livre évènement avec une iconographie exceptionnelle qui lance la série des huit livres sur l’immigration des Suds en France (2001-2010).

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