Un siècle d’immigration des Suds en Alsace

L’histoire des relations du Nord-Est aux « Suds », et particulièrement de l’Alsace, débute véritablement lors de la guerre de 1870, alors que les troupes issues des colonies marquent les esprits de leurs exploits au cours du conflit.  Cette présence militaire se prolonge avec la Première Guerre mondiale, la présence de casernes au cours de l’entre-deux-guerres en région et, enfin, avec la Seconde Guerre mondiale. Parallèlement, l’intérêt des milieux d’affaires pour l’expansion coloniale s’affirme, des années 1880 jusqu’aux années 1950, alors que se déploie, dès le tournant du siècle, le faste des grandes expositions coloniales et des « shows ethniques » qui trouvent leur apogée avec la grande exposition coloniale de 1924.

C’est dans le contexte de l’entre-deux-guerres qu’arrivent les premières vagues d’immigrés de travail, qui se renforceront au cours des Trente Glorieuses (1945-1975). Ces immigration: sont diverses : les artistes, intellectuels, voyageurs, puis les vagues successives de rapatriés (d’Indochine d’abord en 1954, d’Algérie ensuite en 1962), ont contribué à ancrer – souvent difficilement – la diversité dans le paysage de la région Alsace. Après la décolonisation, l’immigration des Suds progresse, mais le déclin des bassins miniers et industriels appauvrit et ghettoïse nombre de travailleurs immigrés, de même que leurs enfants.

Ces derniers investissent progressivement l’espace public, dessinant de nouveaux contours du visage de la région. Aujourd’hui, le temps des héritages et des mémoires émerge. La redécouverte de ce passé, de ces histoires croisées suscite une nouvelle relation à l’histoire de l’immigration. Celle-ci s’attache tout autant à l’histoire régionale, à ses identités multiples qu’à ses relations avec l’histoire de l’immigration au niveau national. Une page d’histoire à découvrir, redécouvrir…et à partager.

 


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