Memoire Combattantes

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Ali M’Houmadi (1892-1958)

Biographie

Ali M’Houmadi est né vers 1892 dans les îles de la Petite Comore, qui resta rattachée à la colonie française de Madagascar jusqu’en 1946. Manœuvre de profession, Ali M’Houmadi s’engage volontairement au 3e régiment de tirailleurs malgaches à Majunga en 1911, est affecté deux an plus tard au bataillon sénégalais de Diégo Suarez. Rengagé pour trois ans, Ali M’Houmadi s’embarque pour la France en 1917 et passe au 6e bataillon de Sénégalais.

En 1917, le 6e bataillon de tirailleurs sénégalais est, cette fois, rattaché à la VIe armée du général Charles Mangin (1866-1925), théoricien de la Force noire, et intervient lors de l’offensive du Chemin des Dames, à Verdun. Les 16 et 17 avril, près de quinze mille tirailleurs sénégalais montent à l’assaut mais sont décimés dans le secteur du ravin de Vauclair. Mille quatre cent tirailleurs meurent dans les combats du Mont des singes, et des fermes de Moisy et d’Hurtebise. Les tirailleurs sénégalais sont finalement retirés le 18 avril 1917 pour intervenir de nouveau à Verdun, en septembre 1917. Nommé caporal puis sergent, Ali M’Houmadi est désigné pour servir à la 3e compagnie du célèbre 1er bataillon de tirailleurs somalis avec lequel il combat jusqu’à la fin de la guerre. Intégré en 1916 au régiment d’infanterie coloniale du Maroc (RICM) créé un an plus tôt, le bataillon est essentiellement composé de tirailleurs somaliens, yéménites, comoriens, abyssins et sénégalais. Il a participé en 1916 à la reprise du fort de Douaumont puis aux combats du Chemin des Dames en mai 1917, de l’Aisne et de La Malmaison à l’hiver. À partir d’avril 1918, l’unité est de toutes les opérations sur l’Aisne, la Marne, l’Oise et enfin l’Alsace en octobre 1918. Elle participe ainsi aux dernières phases de la guerre. En 1919, sur un effectif de mille sept cent hommes, les pertes du bataillon somali s’élèvent à quatre cent quatre-vingt-dix tués et disparus et près de mille deux cent blessés.

Libéré comme sergent en 1926, Ali M’Houmadi se retire dans la région malgache de Majunga, comme beaucoup d’anciens tirailleurs comoriens ou de Mayotte. En 1961 – quelques années après sa mort – fut inauguré à Cuts, dans l’Oise, un monument dédié aux combattants somalis morts pour la France à « Douaumont, au chemin des Dames, à La Malmaison, au Mont de Choisy, à Longpont, et enfin à la Pointe de Grave ». Ce dernier lieu fait référence à l’un des ultimes combats de la Libération mené entre septembre 1944 et avril 1945 auquel participa effectivement le bataillon somali lors de la Seconde Guerre mondiale pour venir à bout de la poche de résistance allemande au nord et au sud de la Gironde.



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Un de ces Comoriens venus se battre en France lors de la Grande Guerre

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