Memoire Combattantes

Expositions

Les origines (1765-1857)

« Étant nécessaire de se servir, pour la défense de cette île Martinique, des Nègres des habitants d’une fidélité reconnue… »

Ordonnance rendue par MM. de Guitaud et Robert sur l’armement de Nègres qui serviront à la suite des Compagnies de milice, 10 août 1702

En 1688, le jeune Louis Aniaba venu de Côte d’Ivoire, arrive à la cour du roi Louis XIV. Admis comme mousquetaire, il devient le « premier officier noir de l’armée française » et capitaine du régiment de cavalerie en Picardie. L’exemple est exceptionnel, mais dès le XVIe siècle, les premiers navigateurs européens abordant les côtes de l’ouest de l’Afrique, avaient déjà recruté des « auxiliaires indigènes ». Il n’y a pas d’organisation réelle avant 1765, lorsqu’on lève un corps permanent pour la défense de l’île de Gorée, les Laptots. Ces soldats blancs, noirs et mulâtres sont les ancêtres des tirailleurs sénégalais, unité militaire que le général Faidherbe décide de créer en 1857 avec de nombreux esclaves rachetés et des « supplétifs ». Cette création sera entérinée par un décret de Napoléon III. L’appellation tirailleur sénégalais vaut rapidement pour tous les soldats recrutés en Afrique subsaharienne.

En 1884, on regroupe les deux bataillons au sein d’un régiment, dans lequel la moitié des postes de sergents et de caporaux est réservée aux « indigènes ». Dans les « vieilles colonies » (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion), l’habitude est plus au recours à des esclaves pour assurer la défense du territoire. Plusieurs ordonnances régularisent l’emploi de ces « supplétifs » dans les milices de « gens de couleur », milices dont on trouve trace dès 1703 pendant la campagne de Guadeloupe contre les Anglais. La valeur militaire des soldats libres de couleur engagés durant la guerre d’indépendance des États-Unis (chasseurs volontaires de Saint-Domingue par exemple) est saluée par La Fayette. Puis, ce sont les campagnes de la Révolution française et de l’Empire qui font émerger de véritables unités régulières, à l’image du bataillon de chasseurs africains qui devient une des composantes, en 1803, du bataillon des pionniers noirs où des personnalités comme Joseph Damingue (un des personnages de la série Frères d’Armes) émergent.

Dans le même temps, s’imposent également les figures du général Dumas (un des personnages de la série Frères d’Armes) ou du célèbre chevalier de Saint-Georges. Nommé capitaine de la Garde nationale en 1790, ce dernier devient colonel à la tête de la Légion franche des Américains et du Midi créée en 1792. Si l’abolition de l’esclavage en 1848 fait de tous les habitants des « vieilles colonies » des citoyens, la conscription militaire pour tous n’est pas encore d’actualité, alors qu’en Afrique de l’Ouest — à l’image du parcours d’Alioune Macode Sal — la question se pose de régulariser les « supplétifs » dans des corps réguliers.

 


Photos
Mise en page 1
Mise en page 1
Mise en page 1
Design : www.graphipro.com | Développement : equity