Memoire Combattantes

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Les origines (1798-1848)

« Gentil Turco, quant autour de ta boule comme un serpent s’enroule le calicot qui te sert de schako, ce chic exquis par les Turcos acquis ils le doivent à qui ? À Bourbaki, à Bourbaki ! »

Chanson des Turcos, 1859

Napoléon Bonaparte s’est attaché, tout au long de ses campagnes militaires, les services de supplétifs égyptiens ou originaires de l’Empire ottoman (musulmans, coptes, melkites ou orthodoxes) tel son mamelouk Roustam Raza (un des personnages de la série Frères d’Armes). L’article 12 de l’acte de capitulation des Français en Égypte précisait le statut de ces futurs « rapatriés », déclarés libres de « suivre l’armée française ». Ces « Orientaux »vont être regroupés au sein de la Légion copte créée en avril 1800, puis intégrés à l’armée française en 1802 à travers le bataillon des chasseurs d’Orient créé à Melun. Sur un effectif d’un millier d’hommes au début, beaucoup désertent et, après quelques mois, il n’en reste que quatre cents que l’on regroupe à Toulon. Ils seront de toutes les campagnes napoléoniennes.

À partir de 1830 et avec la conquête de l’Algérie, les unités locales d’infanterie de zouaves, sont créées au sein de l’Armée d’Afrique. Le recrutement est alors mixte et les soldes identiques pour les « indigènes » et les Français. Dix ans plus tard, le système « égalitaire » initial est supprimé. L’ordonnance du 8 septembre 1841 indique la formation d’un régiment de zouaves constitué presque exclusivement de métropolitains et de Français d’Afrique du Nord avec une forte minorité de Juifs d’Algérie. Une seconde ordonnance (7 décembre 1841) crée en Algérie trois bataillons de tirailleurs indigènes, au sein desquels sont incorporés les soldats musulmans. Jusqu’à la campagne de Crimée, les appréciations portées sur ces combattants restent mitigées. Cependant, un personnage comme Mustapha ben Ismaël, agha (chef) du maghzen des Douaïr et Zméla, reçoit en 1841 le grade de général de brigade à « titre étranger ».

Ces régiments de soldats musulmans sont généralement placés sous le commandement d’officiers français comme Joseph Vantini dit le « général Youssouf ». Dans le même temps — et après la création de la Légion étrangère — est créé en 1834 en Algérie un corps de cavaliers indigènes qu’on nomme spahis, qui passe ensuite à trois régiments (ordonnance de juillet 1845). Comme on le voit et de manière visible, les Européens reprendront tout au long du XIXe siècle les traditions et les tenues des unités ottomanes, symboles de l’Orient

 


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