Memoire Combattantes

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Nissim de Camondo (1892-1917)

Biographie

Né le 23 août 1892 à Boulogne-sur-Seine, issu d’une grande famille de banquiers juive sépharade originaire de l’Empire Ottoman, immigré en France à la fin du XIXe siècle, Nissim de Camondo, au terme de ses études secondaires, désireux de relever des défis et de servir son pays, décide de devancer l’appel pour accomplir son service militaire. Il est affecté à Senlis, d’abord au 2e régiment de Hussards, le 11 octobre 1911, où il est nommé brigadier, le 13 février 1912, puis au 3e régiment de Hussards, le 16 septembre 1912, où il sert jusqu’au 4 novembre 1913. Une fois ses obligations militaires remplies, il est versé dans la réserve, avec le grade de maréchal des logis, et regagne la vie civile pour y suivre une formation de banquier.

Lors de la mobilisation générale (2-18 août 1914) Nissim de Camondo revêt à nouveau l’uniforme et réintègre le 3e régiment de Hussards. Dès le 21 août, il combat des lanciers allemands, les redoutables Uhlans, à proximité du village de Mellet, en Belgique, et sauve à l’occasion un camarade blessé et tue deux adversaires. Trois autres cavaliers allemands sont faits prisonniers. Ce fait d’arme lui vaut une citation à l’ordre de la 3e division de cavalerie. Avec la transformation d’une partie des régiments de cavalerie en unités à pied, Nissim de Camondo est affecté à la mi-septembre 1915, à l’escadron à pied du 21e régiment de Dragons, dans le secteur Foncquevillers-Bailleulval, dans le Pas-de-Calais.

Au gré des mois, Nissim de Camondo entretient une correspondance régulière avec son père, Moïse, et sa sœur, Béatrice. Il offre ainsi un carnet de campagne où il y relate les combats auxquels il participe, comme la première bataille de la Marne (6-12 septembre 1914). Rayé des cadres pour maladie, il se rengage pourtant début 1916.

Sa rencontre avec des pilotes l’incite à demander à servir dès lors dans l’aviation. Nissim de Camondo obtient satisfaction et rejoint l’escadrille MF33, à partir de janvier 1916, où il opère en qualité d’observateur photographique. En mars 1916, il est nommé lieutenant de réserve et se consacre à la préparation du brevet de pilote militaire (n°5 300) qu’il obtient le 16 novembre 1916. Nissim de Camondo remplit alors de nombreuses missions de renseignement photographiques, comme observateur puis comme pilote, lors des batailles de Verdun (21 février-19 décembre 1916) et de la Somme (1er juillet-18 novembre 1916).

Dès le mois de mai, Nissim de Camondo obtient une nouvelle citation en tant qu’observateur photographe, cette fois à l’ordre du 9e corps, pour son sang-froid et son courage. Il prend part à de nombreux combats aériens dont la dangerosité est amplifiée par l’absence de parachute pour les pilotes et observateurs. Nissim de Camondo est nommé au lieutenant à titre définitif, le 23 mai 1916.

Devenu pilote, il prend les commandes d’un Farman F40 au sein de l’escadrille F33. Au cours d’une mission, le 5 novembre 1916, son appareil est sérieusement endommagé mais Nissim de Camondo parvient à atterrir. Il obtient une nouvelle citation, à l’ordre de la 6ème armée, le 15 décembre 1916. Il livre son dernier combat aérien au dessus de la Lorraine, le 5 septembre 1917. Il meurt ainsi à l’âge de vingt-cinq ans, avec son observateur, le sous-lieutenant Louis des Essarts.

D’abord enterrée par les Allemands, dans le cimetière d’Efringen-Avricourt, la dépouille de Nissim de Camondo est ensuite transférée, en janvier 1919, au cimetière Montmartre, par les soins de son père, Moïse de Camondo. Figure héroïque, le lieutenant Nissim de Camondo est titulaire de cinq citations dont deux à l’ordre de l’armée, de la Croix de Guerre 14-18 avec deux palmes de bronze, deux étoiles de vermeil et une étoile de bronze. Il fut décoré de la Légion d’Honneur à titre posthume, le 31 mars 1920.

À sa mort en 1935, Moïse de Camondo, inconsolable, fit don de son hôtel particulier de la rue Monceau à Paris ainsi que sa remarquable collection d’œuvre d’art du XVIIIe siècle pour en faire un musée, en exigeant qu’en retour, le nom de son fils lui soit donné. Quant au reste de la famille, elle disparaît victime de la shoah lors de la Seconde Guerre mondiale.

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Première Guerre mondiale et grand collectionneur d’art

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