Memoire Combattantes

FILMS

Saint-Just Borical

Biographie

Saint-Just Borical est né le 8 décembre 1887 en Guyane. Il est incorporé le 15 août 1915. Après son arrivée en France et une période d’instruction, il est affecté au 119e régiment d’infanterie dans l’armée française, qui est très éprouvée depuis août 1914 et qui reçoit périodiquement de nouvelles recrues, comme Borical. Il arrive à la fin du mois de mai 1916, au moment où le 119e régiment est au repos à Salmagne dans la Meuse, en arrière du front.

Dans le système de la noria mis en place par le général Pétain (toutes les unités doivent passer par Verdun), le 119e régiment remonte en ligne le 26 mai avec la 6division d’infanterie qui doit tenir le secteur du bois de la Caillette et de la ferme Thiaumont, devant le fort de Douaumont. Les Allemands ont attaqué Verdun en février ; les combats font rage, les Allemands voudraient percer ; les Français mettent tout en œuvre pour tenir. Dans son ordre du jour du 10 avril 1916, Pétain écrit : «Courage on les aura !»...Le 119régiment est d’abord en réserve, mais dès le 30 mai, des indices d’attaque se précisent. Le 3e bataillon est envoyé dans Fleury qui n’est déjà plus qu’un amas de ruines. Le 1er juin, après un pilonnage intense, l’attaque allemande se déclenche sur un large front : la ligne française est percée. Le 119e régiment a reçu l’ordre de barrer la route du fort de Souville et de reprendre les positions perdues. Le 3 juin, les 1er et 2e bataillons attaquent à nouveau dans le ravin du Bazile ; les vagues d’assaut sont aussitôt arrêtées par un feu très meurtrier. L’ennemi déclenche à son tour deux vigoureuses contre-attaques qui menacent un instant d’encercler le 1er bataillon, mais les Allemands sont finalement refoulés. Au cours de ces rudes journées, les pertes du régiment ont été importantes : vingt-deux tués, dont quatre officiers, et cent soixante-seize disparus. Ce 3 juin 1916, Saint-Just Borical tombe quelques jours à peine après son arrivée au front. Son corps n’est pas retrouvé dans un terrain retourné par les obus. Il disparaît, dans tous le sens du terme, dans cette guerre industrielle qui broie les hommes jusqu’à détruire leur identité.

C’est par hasard que, le 24 avril 2011, des touristes hollandais découvrent un squelette dans ce sous-bois. On retrouve sa plaque d’identité sur son poignet gauche : c’est Borical Saint-Just. Classe 1907. Aussitôt informée, la mairie de Cayenne demande son rapatriement. Le 14 octobre 2011, jour de la Saint-Juste, il est officiellement inhumé. Les mille neuf cent vingt-neuf poilus guyanais – dont plus de deux cent soixante ne sont jamais rentrés au pays – s’incarnent désormais à travers lui.

Liens Externes:



140x140
140x140

Un des 1927 poilus guyanais dont le corps fut retrouvé 89 ans plus tard en France.

Design : www.graphipro.com | Développement : equity