Prisonniers et occupation

La défaite de la France face à l’armée allemande a pour conséquence de faire des centaines de milliers de prisonniers, dont beaucoup de soldats coloniaux. Ceux-ci, contrairement aux Français, sont maintenus (ou transportés) sur le territoire national conformément aux ordres énoncés par les autorités allemandes qui ne souhaitent pas avoir de prisonniers coloniaux sur le sol du Reich.

Selon une étude plus récente, on compte, au cours de l’été 1940, vingt-huit mille tirailleurs afro-antillais (dont neuf mille Malgaches) et quatre-vingt-dix mille captifs nord-africains. De nombreux camps pour les troupes d’outre-mer, dénommés Frontstalags, se répartissent dans la zone occupée à l’est, comme à Nancy. Parfois molestés, mal soignés, les « prisonniers coloniaux » sont d’abord regroupés dans d’immenses camps improvisés, avant d’être mobilisés pour l’industrie de guerre ou sur les grands chantiers.

Début 1943, l’armée allemande, qui occupe la totalité du territoire métropolitain et manque d’effectifs pour le front russe, confie aux autorités françaises la garde des camps. Cette mesure, rapidement acceptée par le gouvernement de Vichy au prétexte qu’elle lui permet de reprendre la main sur ses « soldats indigènes », est très mal prise par les tirailleurs, qui tentent de plus en plus de s’évader. En effet, c’est une triple humiliation pour ces hommes : ils ont connu la défaite, ils sont séparés de leurs frères d’armes et ils sont gardés dans des conditions précaires par leurs propres sous-officiers.

Ainsi, à partir de 1944, des milliers d’entre eux rejoignent les maquis comme ceux des Vosges, au sein desquels des personnalités d’exception comme Addi Bâ les avaient précédés. Dans ces « zones interdites » contrôlées par les Allemands, appelées Ostland, l’occupant fait appel à des travailleurs agricoles coloniaux et de nombreux prisonniers sont envoyés depuis des Frontstalags situés dans d’autres régions.

 


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