Memoire Combattantes

Expositions

De l’armée d’Afrique à l’hommage de Longchamp (1873-1913)

« Les tirailleurs furent, tous ces jours-ci, les enfants chéris de notre capitale. »

L’Illustration, juillet 1913

La France sort défaite de la guerre contre la Prusse et meurtrie par les combats fratricides de la Commune. Par la suite, la naissance de la 3e République s’accompagne d’une expansion coloniale sans précédent. L’armée d’Afrique — qui regroupe, depuis le 28 septembre 1873, le 19e corps d’armée — participe activement à la constitution de l’empire colonial. En 1881, la Tunisie devient protectorat français et vient alimenter les garnisons de tirailleurs aux côtés des Algériens. Les premiers engagements militaires dans la Chaouïa marocaine en 1903-1907 exigent l’envoi de troupes, notamment de régiments de tirailleurs algériens, pour lutter contre les « Berabers » du Nord et les « Chleuhs » du Sud.

Avec le protectorat marocain (1912), de nombreux combattants «indigènes » intègrent des unités régulières. D’autres formations spécifiques à l’armée d’Afrique sont également créées, comme les compagnies méharistes sahariennes. Dans le même temps, l’armée française poursuit son processus d’intégration des élites militaires maghrébines qui entrent dans les plus prestigieuses écoles militaires, tel Chérif Cadi (un des personnages dans la série Frères d’Armes), premier polytechnicien indigène. Pour faire oublier la défaite de 1870, et toujours dans le cadre d’une propagande coloniale intensive, pas une exposition universelle et coloniale, pas une cérémonie officielle ne se tient sans un détachement de turcos ou de spahis (et notamment à Paris en 1878, 1889, 1900, 1906, 1907 ; à Marseille en 1906 et 1908; à Lyon en 1894 et 1914, ainsi qu’à Tourcoing ou à Toulouse).

Lors du défilé du 14 juillet 1913 à Longchamp, les troupes de l’empire sont particulièrement remarquées et, à la veille du conflit, leur présence rassure les Français. En 1914, c’est un vaste ensemble militaire qui s’est structuré dans toute l’Afrique du Nord (décuplé par la conscription des soldats algériens en 1912), composé de tirailleurs, de spahis, de méharistes et de zouaves, de chasseurs d’Afrique et de légionnaires et qui sera appelé au front aux côtés des Européens, des tirailleurs tunisiens ou des troupes marocaines.


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