Memoire Combattantes

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De la mission marchand… à la conquête du Maroc

Dans la course aux colonies, la France est en concurrence directe avec la Grande-Bretagne. En juin 1895 est confié au capitaine Marchand le commandement de la Mission Congo-Nil, malgré les mises en garde de l’Angleterre. Cette mission doit permettre à la métropole – en remontant le Congo, l’Oubangui puis en atteignant le Nil Blanc à Fachoda – d’acquérir des titres pour la reconnaissance de son influence sur les régions traversées. Composée de cent quarante-huit tirailleurs, quarante-six auxiliaires et quinze Européens, la mission prend finalement le départ avec six mois de retard, en janvier 1897, et finit par arriver à Fachoda le 10 juillet. Mais les troupes britanniques, fortes de 25 000 hommes emmenés par Kitchener, atteignent Fachoda le 19 septembre. Après une négociation entre les deux gouvernements, Marchand se retire de la ville. Une convention fixera les limites entre le Soudan « anglo-saxon » et les possessions françaises à la ligne de partage des eaux entre Nil et Congo.

Tout au long de la mission, la presse, des deux côtés de la Manche, s’est emparée de l’affaire. Les journaux français ont brandi avec virulence les flambeaux du nationalisme et de l’anglophobie. Le rôle des tirailleurs sénégalais est alors constamment mis en avant comme au temps de la conquête de Madagascar par Gallieni. On vante leur courage, leur discipline et leur loyauté envers la métropole. L’apparition de ces soldats noirs, nouvel instrument d’une entreprise coloniale en pleine expansion, marque les esprits des contemporains, jusqu’alors abreuvés par les images d’Africains décrits comme des « sauvages sanguinaires » résistant à la colonisation.

A la conquête du Maroc

Le rôle des tirailleurs durant la conquête du Maroc va entériner dans l’opinion publique métropolitaine l’image du soldat noir, supplétif de l’expansion coloniale française. Les visées de la France sur le Maroc se font pressantes à partir de 1906 et, après de longues tractations diplomatiques avec les autres puissances coloniales qui laissent à la France les mains libres, les révoltes de Casablanca en 1907, faisant plusieurs tués parmi les Européens, donnent le prétexte à une « pacification »  impitoyable dans la région, à laquelle participent bientôt deux puis dix bataillons de tirailleurs sénégalais.

Les autorités militaires jouent du ressentiment des tirailleurs envers leurs voisins du Nord, datant de la traite transsaharienne, pour stimuler leur ardeur au combat. Le souvenir de cette « pacification » restera ancré au Maroc, où les tirailleurs sénégalais ont pendant de nombreuses années une réputation de cruauté.

 


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