Memoire Combattantes

Expositions

Le temps des premières présences (1737-1899)

« Ils sont tout petits mais ils sont vaillants les petits soldats qui servent la France braves par devoir et sans espérance de croix, de galons, d’avenirs brillants… »

La vie indochinoise, 1897

Le recours dans l’armée française à des « combattants indigènes » venus d’Asie et du Pacifique est le fruit d’une longue tradition provenant de l’instauration de comptoirs commerciaux par la Compagnie française des Indes orientales créée par Colbert, recrutement poursuivi ensuite à l’occasion des différentes phases de la conquête coloniale dans le sud-est de l’Asie et jusque dans le Pacifique. Dès 1737, un corps de fantassins indiens, les Cipayes, est tout d’abord recruté par le gouverneur de Pondichéry pour assurer la défense des établissements français. Au cœur de la Polynésie, à partir du conflit franco-tahitien en 1844, certains districts de l’île fourniront des contingents de volontaires indigènes pour participer à la conquête française à laquelle prit part le grand chef Hitoti A Manua.

Enfin, dès le début de l’occupation du sud du Viêtnam actuel, le corps expéditionnaire français s’appuie largement sur des forces supplétives. Inde, Indochine, Polynésie… une tradition qui va se poursuivre un siècle durant s’installe. Le 17 février 1859, les forces du contre-amiral Rigault de Genouilly s’emparent de Saigon en comptant dans leurs rangs des combattants et des auxiliaires asiatiques, la compagnie des Coolies et le corps philippin des Tagals, alliés espagnols de la France. Conscient du potentiel important représenté par les supplétifs locaux, le gouverneur général de la Cochinchine décide, en 1861, de la mise sur pied d’un corps de combattants régulier, le bataillon indigène, composée en grande partie de « Tonquinois » et d’« Annamites ».

Le premier régiment de tirailleurs annamites est créé en décembre 1879 afin de renforcer les effectifs de l’infanterie de marine stationnée dans le delta du Mékong. Il est commandé tant par des officiers européens que par dix-huit officiers locaux. Pour combattre les Pavillons noirs, ces bandes armées utilisées par les Chinois contre les Français, en 1873 lors de l’expédition au Tonkin, un corps de supplétifs locaux, les « Pavillons jaunes », est recruté durant l’occupation de la citadelle d’Hanoï, événement précurseur à la création des régiments de tirailleurs tonkinois. Ils constituent ensuite l’élément essentiel des forces armées en Indochine. Appelés ou engagés, ils sont natifs du delta du Mékong ou membres de nombreuses minorités ethniques vivant près de la frontière chinoise. Symboliquement, plusieurs de ces tirailleurs annamites ou tonkinois se rendent à l’Exposition universelle de 1889 à Paris, s’inscrivant désormais dans l’imaginaire collectif des Français.

 


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