Memoire Combattantes

Expositions

Les troupes coloniales françaises dans les deux guerres mondiales

« Nous avons mérité cet honneur et la mère patrie considérera sans doute qu’elle se doit à elle-même de nous l’accorder. »

Émir Khaled, petit-fils d’Abd el-Kader et officier de la Grande Guerre, 1922

L’établissement des premiers comptoirs français en Inde en 1737 ouvre la voie à la conquête par étapes de la Polynésie et de la future Indochine. Le gouverneur général de la Cochinchine décide en 1861 la mise sur pied d’un corps de combattants régulier, le « bataillon indigène », composé en grande partie de « Tonquinois » et d’« Annamites ». En 1873, lors de l’expédition au Tonkin, un corps de supplétifs locaux, les « Pavillons jaunes », est recruté durant l’occupation de la citadelle d’Hanoï. Ce sera l’évènement précurseur de la création des régiments de tirailleurs tonkinois qui constitueront l’essentiel des forces armées en Indochine. Dans le même temps, la marine intègre dans ses rangs des laptots, des matelots venus notamment des côtes sénégalaises ; et des « combattants noirs » issus des Caraïbes rejoignent des unités régulières, pratique qui se développe pendant la Révolution française. Enfin, à partir de 1830 et avec la conquête d’Algérie, les unités locales d’infanterie de zouaves sont créées au sein de l’Armée d’Afrique. En 1841, deux ordonnances indiquent la formation de deux régiments composés d’une part de métropolitains, de Français d’Afrique du Nord et d’une forte minorité de juifs d’Algérie, et d’autre part, de tirailleurs indigènes au sein desquels sont incorporés les soldats musulmans. Enfin, en 1857 est créé un régiment de tirailleurs sénégalais qui regroupe progressivement les supplétifs africains en Afrique de l’ouest.

Aux côtés des troupes métropolitaines, ces unités et toutes celles créées ensuite, vont jouer un rôle militaire considérable lors des conquêtes coloniales, pendant les trois conflits européens ainsi que dans les guerres de décolonisation. Retracer l’histoire de ces combattants des Comores, de ces soldats créoles des Antilles-Guyane, de ces spahis, zouaves, goumiers ou encore de ces tirailleurs indochinois ou malgaches, c’est s’attacher à ce passé commun qui existe entre la France et ses anciennes colonies, cette mémoire commune au cœur des relations de notre pays avec les ex-colonies.

Si la reconnaissance du sacrifice a été immédiate dans les armées, elle a ensuite été évacuée de la mémoire collective nationale. Aujourd’hui, monuments du souvenir, sites de mémoire, commémorations et cérémonies militaires tendent à irriguer le territoire national, pour dépasser les oublis de l’histoire. Il est temps de bâtir, avec distance et critique, une histoire partagée croisant les mémoires. Cette exposition, dans une démarche de transmissions des savoirs aux jeunes générations, rappelle le souvenir de ceux qui se sont illustrés au service de la France en lien avec l’histoire coloniale de France.


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