Memoire Combattantes

Evénements

« Imaginaires sexuels coloniaux. Histoire d’un asservissement érotique (1830-1960) » | 11-12 avril 2019 | Suisse

  • Dates et horaires : Jeudi 11 et vendredi 12 avril 2019, de 9h00 à 19h00
  • Lieu : Université de Genève, Suisse. Université de Lausanne, Suisse.
  • Éditeurs / Partenaires : Université de Genève ; Université de Lausanne ; UniGe Faculté des Sciences de la Société ; UniGe Département de géographie et environnement ; UniGe Institut des Etudes Genre ; UniGe Commission Administrative ; UNIL Faculté des sciences sociales et politiques ; UNIL Institut des sciences du sport de l’Université de Lausanne ; UNIL Centre en étude Genre LIEGE ; UNIL Plateforme interfacultaire en Études Genre – PlaGe ; Fonds National Suisse de la Recherche Scientifique ; Groupe de recherche Achac ;  le CGET ; la DILCRAH et les Éditions La Découverte.
  • Spécificités : Projection du documentaire Sauvages, au cœur des zoos humains de Pascal Blanchard et Bruno Victor-Pujebet
  • Modalités d’inscription : Entrée libre

Jeudi 11 avril 2019 

Session 1. Obscurs objets du désir colonial : catégoriser et conquérir les corps

Dans l’imaginaire colonial, qu’est-ce qui est au juste érotisé ? Quel est le contenu de l’imaginaire sexuel colonial (ISC), en termes de phantasmes ou de scripts spécifiques ? Quels sont les indigènes – hommes ou femmes – qui suscitent le plus de désir, et pourquoi ? Au titre de quelle différence ? Quels sont les éléments centraux de cette érotisation : le corps (nudité, texture et couleur de la peau, forme du corps, fétichisation de certaines parties du corps), les mœurs et les pratiques sexuelles (disponibilité, moindre inhibition, savoirs faire, libido, etc. des indigènes), le relâchement des interdits (homosexualité, pédophilie, etc.), etc. ? L’érotisation affecte-t-elle les lieux (climat, décor, etc.) ? Ou cette érotisation procède-t-elle moins de l’objet que du sujet, qui jouit de la toute-puissance de son pouvoir sexuel, et de la violence qu’il peut exercer ?

Session 2. Genre, race et classes

Comment l’ISC prend-il place dans les matrices de domination, et comment le désir se construit-il à leurs intersections ? Au titre de quelle sexualité ? Où les sujets désirants et désirés se situent-ils en ces matrices ? En quoi les frontières de race, de genre, de sexualité et de classe sont-elles mises en scène, respectées ou transgressées dans l’ISC ? Dans ces configurations, en quoi l’homme ou la femme blanche peuvent-ils à leur tour dans les colonies être les objets du désir des sujets et citoyens coloniaux ?

 

Vendredi 12 avril 2019

Session 3. Le circuit du désir colonial

Où et comment se fabriquent, se diffusent et se consomment l’imaginaire sexuel colonial (ISC) ? Quels sont les acteurs qui interviennent dans ce circuit ? Quels en sont les supports principaux, les canaux de diffusion ? Que font en la matière la médecine, l’anthropologie, l’armée, l’art, etc. ?  Comment l’ISC circule-t-il entre la métropole et les colonies ? Il ne s’agit pas de raisonner en termes de contenu mais bien en termes de production et de circulation d’un imaginaire. Quelles sont la place et la fonction de cet ISC dans la culture populaire, dans la culture coloniale ? Qu’est-ce que l’ISC fait faire ? Comment évolue-t-il dans le temps, en particulier après les décolonisations ?

 

Session 4. Contester l’assignation ? Enjeux éthiques et épistémologiques

Comment, en faisant l’histoire de l’ISC, peut-on tenter de restituer aux personnes qui furent objets de celui-ci leur statut de sujet ? Sur la base de quelles sources ? Si l’ISC était porteur d’une violence symbolique, comment ne pas la reproduire quand on procède à son analyse ? Peut-on pour les besoins de la recherche ou de l’enseignement continuer à en diffuser les stéréotypes stigmatisant, les images blessantes ? Comment dénoncer sans énoncer ? Quelles seraient les précautions à mettre en place, les limites à respecter, les sensibilités à prendre en compte ?

 

 


Programme

Jeudi 11 avril 2019

9h00 – Accueil

9h30-12h30 – « Obscurs objets du désir colonial : catégoriser et conquérir les corps »

Avec Rahel Kunz, Jean-François Staszak, Sandrine Lemaire, Serge Tcherkézoff, Capucine Boidin, Tiziana Leucci, Jennifer Anne Boittin et Federica Tamarozzi.

14h00-17h00 – « Genre, race et classes »

Avec Jennifer Anne Boittin, Patrick Minder, Nancy L. Paxton, Delphine Peiretti-Courtis, Martial Guédron, Claudine Cohen, Gilles Boëtsch et Yann Le Bihan.

17h30-19h00 – Projection de Sauvages, au cœur des zoos humains (90’) de Pascal Blanchard et Bruno Victor-Pujebet  (2018), documentaire sur le phénomène des exhibitions ethnographiques, qui permet d’appréhender la façon dont nos sociétés se sont construites en fabriquant, lors de grandes fêtes populaires, une représentation stéréotypée du « sauvage ».

Présentée par les réalisateurs Pascal Blanchard et Bruno Victor-Pujebet

 

Vendredi 12 avril 2018

9h00 – Accueil

9h30-12h30 – « Le circuit du désir colonial »

Avec Dominic Thomas, Pascal Blanchard, Robert W. Rydell, Arnaud Nanta, Elsa Dorlin, Nicolas Bancel, Jean-François Staszak et Sylvie Chalaye.

14h00-17h00 –  « Contester l’assignation ? Enjeux éthiques et épistémologiques »

Avec Rahel Kunz, Jean-François Staszak, Sandrine Lemaire, Serge Tcherkézoff, Capucine Boidin, Tiziana Leucci, Jennifer Anne Boittin, Federica Tamarozzi, Patrick Minder, Nancy L. Paxton, Delphine Peiretti-Courtis, Martial Guédron, Claudine Cohen, Gilles Boëtsch, Yann Le Bihan, Dominic Thomas, Pascal Blanchard, Robert W. Rydell, Arnaud Nanta, Elsa Dorlin, Nicolas Bancel, Sylvie Chalaye et Thomas David.


Intervenants

Nicolas Bancel, Professeur, Université de Lausanne

Pascal Blanchard, Chercheur, LCP/CNRS

Gilles Boëtsch, Directeur de recherches émérite, CNRS

Capucine Boidin, Maître de conférences, IHEAL-Sorbonne Nouvelle Paris 3

Jennifer Anne Boittin, Professeure, Pennsylvania State University

Sylvie Chalaye, Professeure, Université Paris III-Sorbonne Nouvelle

Claudine Cohen, Directrice de recherches, EHESS/CNRS

Thomas David, Professeur ordinaire, Université de Lausanne

Elsa Dorlin, Professeure, Université Paris VIII

Martial Guédron, Professeur, Université de Strasbourg

Rahel Kunz, Maître d’enseignement et de recherches, Université de Lausanne

Yann Le Bihan, Chercheur associé, Université Paris X

Sandrine Lemaire, Professeure en Khâgne et Hypokhâgne

Tiziana Leucci, Chargée de recherches, CNRS

Patrick Minder, Maître d’enseignement et de recherches, Université de Neuchâtel

Arnaud Nanta, Directeur de recherches, CNRS

Nancy L. Paxton, Professeure, Northern Arizona University

Delphine Peiretti-Courtis, PRAG, Université Aix-Marseille

Robert W. Rydell, Professeur, Montana State University

Jean-François Staszak, Professeur, Université de Genève

Federica Tamarozzi, Conservatrice responsable du Département Europe au Musée d’Ethnographie de Genève

Serge Tcherkézoff, Directeur d’études, EHESS

Dominic Thomas, Professeur, Université de Californie à Los Angeles

Design : www.graphipro.com | Développement : equity