Memoire Combattantes

Expositions

FANTASMES

« Mais il me parut qu’ils étaient des gens très dépourvus de tout. Ils vont nus, tels que leur mère les a enfantés, et les femmes aussi. »

Christophe Colomb

La découverte

En 1492, Christophe Colomb aborde l’espace caribéen et se trouve confronté à un « Autre » qui n’a rien de commun avec les populations connues jusque-là. Les corps « exotiques » des Amérindiens suscitent, dès lors, chez les premiers Européens qui arrivent dans le Nouveau Monde, une fascination aussi immédiate que durable, comme l’atteste la récurrence de ce sujet sur une variété de supports (peinture, tapisserie, porcelaine, orfèvrerie, cartes à jouer…). Du XVIe siècle au XVIIIe siècle, les descriptions fantasmées des grandes découvertes en Asie, en Océanie, mais surtout en Afrique et en Amérique, participent activement à la construction de l’imaginaire occidental : chaque territoire est alors symbolisé par une figure, souvent accompagnée d’animaux réels ou fabuleux, et de paysages « exotiques ». Ainsi, l’allégorie de l’Amérique – représentée par une jeune fille nue couronnée de plumes et accompagnée d’un alligator ou d’un perroquet – est instituée par l’auteur italien Cesare Ripa dans son livre Iconologia (1603) qui compile tous les types allégoriques connus. Traduit en plusieurs langues et imprimé à plusieurs reprises, cet ouvrage devient la référence des artistes européens de l’époque qui s’en inspirent notamment pour illustrer les atlas. Ceux-ci, dans leur grande majorité, prendront l’habitude de figurer l’Amérique et l’Afrique, sous les traits de femmes, entièrement ou partiellement nues, se prélassant dans des espaces « exotiques » et luxuriants.



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