Entre Apothéose et oubli

Introduction

Cinq siècles de colonialisme 
Ignacio Ramonet

 1. – Une guerre d’Algérie si proche, si lointaine...

La guerre d’indépendance fut un moment traumatique, pour l’Algérie bien sûr, et ses centaines de milliers de victimes, mais aussi pour la France. Un voile pudique est retombé sur les exactions commises durant cette période, malgré le combat qu’avaient mené, pendant les hostilités, des Français courageux. Si le débat a été une nouvelle fois relancé autour de la torture, l’étude des manuels scolaires montre que l’on a encore beaucoup de mal à évoquer cette « guerre sans nom ».

La France se penche sur son passé 
Philippe Videlier

17 octobre 1961 : rendez-vous avec la barbarie 
Philippe Videlier

Une certaine idée de la justice 
Dominique Vidal

Cela nous a prémunis contre la haine 
Ahmed Ben Bella

Le droit à l’insoumission 
Manifeste des 121

La mémoire expurgée des manuels scolaires 
Maurice T. Maschino

2. – Le temps des colonies

On a bien du mal à évoquer le vrai visage de la colonisation. Dès l’origine, celle-ci s’accompagne de boucheries que des esprits aussi « libéraux » qu’Alexis de Tocqueville ne manquent pas de justifier. De la traite des Noirs aux spectacles ordinaires des zoos humains, en passant par ce moment de consensus national que fut en France l’Exposition coloniale internationale de 1931, la colonisation a pourtant été une terrible blessure pour les peuples victimes, de même qu’elle a profondément marqué la vision des peuples dominants.

Quand Tocqueville légitimait les boucheries 
Olivier Le Cour Grandmaison

La dimension africaine de la traite des Noirs 
Elikia M’Bokolo

Le miroir colonial brisé 
Nicolas Bancel, Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire

La torture routinière de la République 
Alain Ruscio

Le spectacle ordinaire des zoos humains 
Nicolas Bancel, Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire

1931 ! Tous à l’Expo 
Nicolas Blanchard, Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire

Madagascar 1947, le début de la fin 
Philippe Leymarie

3. – La fin des empires

Aussi important que la chute du communisme, l’effondrement de l’empire colonial a été l’un des événements marquants de la seconde moitié du XXe siècle. Il a fallu pour cela un long combat, dont la nationalisation du canal de Suez, en 1956, fut un moment fort. La création du mouvement des non-alignés, son dynamisme dans les années 1960 et 1970 ont marqué l’apogée de la décolonisation, qui s’est néanmoins heurtée aux contradictions nées de l’indépendance et à la captation du pouvoir par des élites dépendant toujours de l’Occident.

1956 : coup de tonnerre sur le canal de Suez 
Eric Rouleau

Henri Curiel, citoyen du tiers-monde 
Gilles Perrault

La lente marche des pays non alignés 
Robert Décombe

Les ratés de la décolonisation en Afrique 
Claude Wauthier

4. – Une nouvelle domination

Les années 1980 ont vu se développer une formidable contre-offensive, à la fois idéologique et stratégique. Tandis que le tiers-mondisme était violemment dénoncé, le Nord se lançait à la reconquête du Sud sous de nouvelles formes. Les sociétés multinationales imposaient leurs lois, le contrôle par les pays sur leurs ressources nationales était mis en cause, la dette étranglait les économies et les peuples, amenés à payer plusieurs fois les sommes qu’ils avaient empruntées.

Malgré les sanglots de l’homme blanc 
Philippe Norel

Seconde jeunesse pour les comptoirs coloniaux 
Edward Goldsmith

Ces deux cents sociétés qui contrôlent le monde 
Frédéric F. Clairmont

La spirale infernale de la dette 
Eric Toussaint

La patrie littéraire du colonisé 
Albert Memmi

Entre apothéose et oubli 
Pascal Blanchard

Conclusion

Inventer une mémoire commune 
Alain Gresh